Dimanche 17 avril 2011 : Tel Aviv

mardi 22 novembre 2011
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Aujourd’hui, dernier jour pour le groupe "Taayoush 2011" de ce côté-ci de la planète. Après le petit déjeuner, nous quittons l’auberge en direction du musée de la Haganah, un "must", selon Tanguy. La Haganah, nous a-t-il expliqué, est une milice juive qui a lutté contre l’occupant britannique avant l’indépendance d’Israël. Par la suite, elle a donné naissance à Tsahal, l’armée israélienne.

Nous devons traverser une partie du centre ville de Tel Aviv avant d’y arriver. Nous empruntons le marché du Carmel, aménagé dans un passage couvert. L’atmosphère y est typiquement orientale. Les acheteurs circulent entre les étals de légumes, de vêtements, d’ustensiles de cuisine et de bijoux dans un brouhaha indescriptible. Cela ressemble à s’y méprendre à un souk arabe, sauf qu’ici tout est écrit en hébreu.

En sortant du marché, nous empruntons des rues dont les bâtiments sont dans le plus pur style Bauhaus, "une architecture proche du modernisme qui met l’accent sur l’égalitarisme", peut-on lire dans le Lonely Planet. « Elle se caractérise par une grande sobriété symbolisée par une blancheur éclatante. Tel Aviv avait ainsi été surnommée « la ville blanche » dans les années 30 et 40. En outre, l’UNESCO a classé cette partie de la ville au patrimoine de l’humanité. » En fait, le titre de "ville grise" nous paraît plus approprié : malgré les travaux en cours sur une série de bâtiments, la plupart d’entre eux sont gris et décrépits. Apparemment, les moyens manquent pour procéder à un vaste programme de restauration. Israël n’est pourtant pas pauvre. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que c’est vraiment dommage (pour dire le moins) de préférer investir autant dans le mur et l’armée...

Nous arrivons à notre destination par une large rue au centre de laquelle il y a une promenade bordée de ficus géants. Enfin un peu de calme ! Tel Aviv est une ville vraiment très bruyante. Impossible de manquer le musée car des dizaines de jeunes miliciens sont attroupés devant l’entrée. Tanguy nous avait prévenus : la visite de ce musée retrace les grandes étapes de la lutte armée qui a permis la création de l’Etat d’Israël et, avec la visite du monument Yad Vashem, elle fait partie intégrante de la formation "intellectuelle" des jeunes soldats. [1]

Au bureau d’accueil, une jeune femme explique à Tanguy que nous tombons assez mal : c’est un jour réservé aux soldats. Comme nous lui disons que nous reprenons l’avion le soir même, elle finit par nous laisser entrer. Mais elle est désolée, il n’y aura pas moyen d’assister à la projection du film principal dans le petit amphithéâtre ; priorité aux miliciens. Déception. Tanguy nous en avait touché deux mots : un vrai film de propagande, tout à la gloire de l’armée israélienne, et qui se termine par une invitation à y entrer. Pas de film, mais nous pourrons circuler dans les différentes salles à notre guise entre les groupes de soldats. Petit moment surréaliste, la jeune femme nous demande de déposer nos armes avant de commencer la visite...! Apparemment, les civils ne sont pas monnaie courante ici.

Le musée est en fait installé dans un nouveau bâtiment construit à l’arrière de l’ancienne maison de Eliahu Golomb, un Russe blanc né en 1993 et arrivé en Eretz-Israël en 1909. En 1920, il fonde l’organisation Haganah en remplacement du Hashomer dont il était membre [2]. Ce sera la Force de Défense Hébraïque d’avant la création de l’Etat israélien, préfiguration de l’armée israélienne actuelle. La maison de Golomb servait en fait de QG à la Haganah. Elle a été offerte au Ministère de la Défense à sa mort en 1945.

La visite commence par les deux pièces du rez de chaussée où vivait et travaillait E. Golomb. C’est là que se prenaient les décisions et partaient toutes les missions : achat d’armes, immigration clandestine, etc. En attendant notre tour pour y pénétrer, nous avons tout le loisir d’observer d’autres groupes de soldats assis, debout, discutant autour de nous. Ils ont tous notre âge ou à peu près, et se comportent exactement comme nous lors de visites scolaires : tout est bon, du moment qu’on n’ait pas cours. Sauf que... Sauf qu’ils portent un uniforme militaire et un gourdin.

Sauf qu’à quelques pas de nous, ils ont déposé leurs fusils mitrailleurs en les emboîtant de façon à former des tours triangulaires impeccables. Ils ne nous adressent pas un regard ni un mot, prennent toute la place et se comportent en parfaits petits dominateurs. Ils sont chez eux au musée de la Haganah, et le font bien sentir. La visite va malheureusement les confirmer dans leur supériorité, commente Tanguy.

A présent la voie est libre. Nous entrons dans les deux pièces de l’ancien appartement du fondateur de cette pré-armée israélienne. Sans guide ni commentaires, nous n’y voyons pas grand chose d’extraordinaire : une table, des livres, une carte. Evidemment, n’étant pas juifs sionistes, nous échappons complètement à un quelconque sentiment admiration pour cet homme et ses œuvres. Nous quittons les lieux et grimpons les étages du nouveau bâtiment en suivant l’itinéraire tracé. Première étape : histoire des débuts du Mouvement d’Implantation et de Défense. Photos, textes et armes des pionniers de la seconde Aliya [3]. Ensuite, des documents sur les Brigades Juives de la guerre 14-18 et sur leur participation aux côtés de l’armée britannique à la libération d’Eretz-Israël du joug ottoman. Vidéos, personnages en cire grandeur nature.

Nous sommes encerclés d’uniformes kaki. Certains jeunes nous regardent interrogateurs, d’autres chahutent un peu loin du regard de l’officier qui les accompagne. Ceci mis à part, la visite se poursuit normalement. A l’étage suivant, nous sommes projetés dans les années 30 et 40, pendant lesquelles l’organisation se développe, prépare la population juive à se défendre et participe à l’expansion des "implantations" - en d’autres mots à la colonisation progressive du territoire palestinien. Et puis, c’est le clash avec les Anglais, après la publication en 1939 de leur "Livre Blanc" [4], le début de la lutte armée contre le pouvoir britannique, sa mise entre parenthèse pendant la guerre 40-45, sa reprise ensuite.

Diaporama, montages audio-visuels ; en vitrine, des objets illustrant les ruses des combattants juifs pour amener et cacher des armes (dont un livre, à l’intérieur duquel les pages ont été découpées à la forme exacte d’un revolver et de ses réserves de balles), reconstruction grandeur nature d’un poste de la Palmach [5]. On termine par la guerre d’Indépendance de 1947 et la création en 1948 de Tsahal, ou IDF (Israeli Defense Forces), l’armée israélienne que nos amis d’Al-Arroub appellent l’IOF : l’Israeli Occupation Forces, les forces d’occupation israélienne.

Au niveau de la forme, il faut admettre que la muséographie repose sur une présentation multimédia attrayante : vidéos, enregistrements sonores, panneaux clairs et didactiques. Les visiteurs suivent les pérégrinations d’un personnage fictif, Yitsik, qui s’échappe d’un ghetto d’Europe centrale pour rejoindre la Palestine et devenir un héros de guerre. On retient essentiellement le rôle important qu’a joué la Haganah dans l’acheminement des rescapés du judéocide nazi en Palestine. Dans ce contexte , l’épisode de l’Exodus a joué un rôle important. On apprend également que la Belgique a servi de plaque tournante pour la fourniture d’armes.

Au niveau du fond... A vrai dire, tout autour de nous nous a fait penser davantage à un arsenal qu’à un musée et, comme Tanguy nous l’avait dit, le message transmis par ce musée s’apparente effectivement à de la propagande distillée subtilement. Retracer le passé glorieux de Tsahal permet de justifier l’indépendance de 1948... et donc le traitement infligé aux Palestiniens. Le musée ne fait aucune mention des massacres perpétrés contre les populations arabes et omet de parler de la destruction des villages palestiniens…

Après tant de culture, il est temps de répondre à l’appel de nos estomacs affamés. Nous quittons l’ambiance de caserne du musée et de ses alentours immédiats. Nous passons au milieu des troupes de soldats. Ils se sont regroupés au soleil, se photographient les uns les autres, seuls ou en groupe, et lancent des cris, genre cris de patrouilles lors des rassemblements scouts. L’armée, rite de passage à l’âge adulte...

Tanguy propose de descendre jusqu’au Café Tamar pour aller manger des bagels. Nous traversons un quartier de boutiques chics et arrivons au dit établissement, tenu par Sarah Stern, une institution à Tel Aviv : elle servait déjà sous le mandat britannique, dans son décor de formica et au milieu de sa collection de caricatures dessinées par des gens connus et inconnus. Repas copieux, après lequel nous nous dirigeons vers la plage, pour profiter du magnifique soleil. Bain de mer pour les courageux, sieste sur le plage, puis achat de pidés (sorte de mini-pizzas) pour le repas du soir.

Nous rentrons à l’auberge préparer nos sacs. Mais le temps presse : Tanguy, Sébastien, Laurie, Anne-Claire et JF rejoignent Ronnie, l’activiste des Anarchistes contre le Mur rencontré la veille à jaffah. Tout le monde s’installe à la terrasse d’un restaurant assez chic donnant sur la mer. Pincement au cœur, comme chaque fois que nous prenons conscience de l’immense et injustifiable déséquilibre qu’il y a entre nous et les "enfermés du mur" : jamais aucun de nos amis palestiniens ne pourrait venir jusqu’ici, s’asseoir à une terrasse, prendre un verre en regardant la mer, en parlant avec des amis ; libres, en sécurité, ici de plein droit…


Ronnie vit à Tel Aviv. Il a 34 ans, une barbe de trois jours et un visage ouvert. Il n’est pas très grand mais a l’air costaud, en tout cas bien dans sa peau. Il ne sait pas par où commencer : que voulons-nous savoir exactement ? Tanguy lui propose de nous en dire un peu plus sur lui-même : comment et pourquoi est-il devenu activiste et un "Anarchiste contre le Mur" ? Et qu’il nous parle de la situation en tant qu’Israélien.

« Disons que je suis un anarchiste petit-bourgeois, végétarien, féministe, anticapitaliste et défenseur des droits des LGBT (lesbigaytrans). Je viens d’une famille apolitique dans laquelle il était rare d’avoir des discussions sur quelque sujet que ce soit… » Il sourit, puis continue : « Tous les spécialistes de la question des droits humains vous diront que la situation en Palestine est claire, et que le conflit israélo-palestinien est un des plus simples au monde : il y a des occupants et des occupés. »

Et Ronnie nous parle du lavage du cerveau, un mécanisme bien huilé dans la société israélienne et dans le système éducatif. Cela commence dès l’école maternelle qu’il a fréquentée comme tous les enfants israéliens : des leçons répétées sur la création tout à fait légitime d’Israël et sur le droit du peuple juif à se trouver sur cette terre ainsi que de recourir à certains moyens pour récupérer "ce qui leur appartenait il y a plus de deux mille ans". Mais, dit-il, du côté de sa famille, ça allait : elle ne lui tenait pas ce genre de discours. 

« Après mes études, je suis entré à l’armée pour y faire mon service militaire. Tout le monde doit y passer. A cette époque, j’étais en train de devenir végétarien et avais arrêté de manger de la viande : je n’aimais pas l’idée d’avoir à tuer des animaux pour pouvoir me nourrir. En parallèle, je me suis rendu compte que si je voulais vivre en accord avec les valeurs universelles auxquelles j’adhérais, si je voulais y être loyal, je devais quitter l’armée. Bien sûr, ça signifiait que je serais considéré comme un traître, ou un parasite de la société. Mais j’étais sûr que je n’étais ni l’un ni l’autre… Alors qu’on lui dit que c’est quand même drôlement courageux d’aller à l’encontre du flux dominant, il ajoute modestement : « En fait, une fois que c’est clair dans votre tête, tout le reste est purement technique… De mon point de vue, devenir végétarien et développer une conscience, ça va ensemble. »

Sourire de Tanguy. Il boit du petit lait : le credo de Ronnie est le sien également. Il lui demande quelles conséquences cela a eu pour lui au quotidien. « Quand les gens ont entendu que j’avais laissé tomber l’armée après seulement deux mois de service militaire, ils m’ont demandé : « pourquoi tu veux vivre ici si tu n’es pas d’accord de donner un peu de ton temps pour ton pays ? »… Vous devez savoir qu’ici, en Israël, parler des valeurs universelles telles que l’égalité ou les droits humains, c’est quasi blasphémer. Dans l’esprit d’une grande partie des gens, si vous n’êtes pas pour les Juifs, vous êtes contre eux. Le système judiciaire en Israël est d’ailleurs plus enclin qu’avant à traiter les Juifs israéliens qui critiquent le caractère juif de l’Etat ou son armée de la même manière qu’il traite les non-Juifs. Pour moi, Israël s’enfonce de plus en plus dans sa paranoïa et dans l’exclusion de l’autre. C’est une société malade, atteinte d’un ethno-nationalisme dangereux pour tout le monde. Ce n’est pas neuf : elle avait déjà beaucoup d’éléments fascistes en 1967, et peut-être même avant... Israël est une ethnocratie - la nationalité israélienne n’est accordée qu’aux Juifs. Mais, en fait, être juif en Israël n’a que très peu à voir avec le fait d’être religieux. La plupart des Juifs sont d’ailleurs laïques. C’est bien plus une question de racisme ethnique… »

Nous lui demandons s’il sait qu’une des explications (psychologiques) données pour des comportements "anti" tels que le sien est “la haine de soi”. Il sourit, hausse les épaule. Il en a entendu d’autres.

« Le régime actuel en Israël n’est rien moins qu’un régime fasciste et raciste. Son modus operandi est le suivant : il propose des lois qui sont clairement et brutalement racistes, lesquelles provoquent en général du remous dans la population israélienne. Le gouvernement fait alors mine de faire des concessions et les citoyens, ayant l’impression d’avoir gagné quelque chose, acceptent les lois "adoucies", alors qu’en fait, elles sont encore parfaitement injustes et discriminatoires. Un exemple–type de ce genre de lois est la loi sur les "Comités d’admission". Et ce n’est pas tout : il y a aussi des lois de boycott contre des gens comme moi... »

Ronnie à propos du racisme
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Nous lui parlons alors de notre rencontre avec Mary qui travaille à l’AIC de Jérusalem. Elle nous a effectivement parlé de cette atteinte à la démocratie que sont les propositions de lois discutées à la 18ème Knesset (le parlement israélien) [6]. Nous lui posons la même question qu’à elle : se sent-il personnellement visé par le gouvernement israélien ? « Ciblé, oui. Ce n’est pas un sentiment, c’est un fait. Mais, » ajoute-t-il aussitôt,«  il n’y a aucune comparaison entre ce que peuvent subir des militants juifs israéliens [7] et ce que subissent les civils palestiniens, ou les militants et organisateurs palestiniens d’Israël. [8] Néanmoins, la situation est difficile pour les militants qui s’opposent à la politique d’Israël, parce que ce gouvernement sioniste nous fait passer pour des gens qui agissent à l’encontre des Juifs ! » [9]

Il poursuit : « L’occupation de la Palestine a commencé officiellement en 1948. Le problème avec le conflit sioniste, c’est qu’il ne vise pas seulement la ségrégation ; son but est le nettoyage ethnique. Et il ne faut pas croire que c’est terminé : le nettoyage ethnique continue encore à l’heure actuelle. Prenons l’exemple de Jaffa. Avant 1948, c’était un port débordant d’activités. Il y avait des orangers partout. 180.000 personnes y vivaient, auxquelles s’ajoutaient quelque 80.000 visiteurs chaque année. C’était vraiment une ville florissante, avec ses cinémas, son hôpital, sa voie de chemin de fer jusqu’en Syrie, ses concerts d’Oum Kalthoum, … Et puis, les habitants ont dû fuir devant les tirs d’obus. Il n’en est plus resté que 34.000, les autres ayant fui jusqu’à Gaza, ou se retrouvant exilés dans des camps de réfugiés. L’histoire des habitants de Gaza est vraiment tragique : 70% d’entre eux sont des réfugiés ! Quant à ceux qui sont restés à Jaffa, ils sont victimes de la judaïsation galopante de la ville : de riches Juifs s’y installent tandis que les Arabes sont évacués, dépossédés de leur maisons et de leurs avoirs [10]. Un autre souci pour ces gens est qu’il y a aujourd’hui un réel problème de drogue et de criminalité à Jaffa. La police israélienne est tout à fait au courant de la situation, mais elle ne fait rien pour y remédier. Le but est que les Palestiniens se découragent et quittent les lieux… »

Ronnie soupire en contemplant son verre : « Oui, il y a de la ségrégation. C’est vraiment l’apartheid. Et un vol organisé des ressources. C’est le cas pour les Bédouins aussi, dans le désert du Néguev ou dans la vallée du Jourdain. »

Anne-Claire, JF et Tanguy disent alors à Ronnie qu’ils ont eu l’occasion de parcourir "la Palestine de 48" grâce à leur ami Daoud et qu’effectivement ils ont pu voir tout au long de l’autoroute 90 dans la vallée du Jourdain des traces de ce vol organisé des ressources : d’un côté de la route, les communautés palestiniennes vivant dans le dénuement ; de l’autre, les clôtures électriques des colonies, leurs fermes sécurisées et cultures intensives.

«  La vallée du Jourdain représente environ un tiers de la Cisjordanie. Elle est presque totalement entre les mains des colons et de l’armée israélienne. Il y avait là près de 250.000 Palestiniens en 1967. Il n’en reste plus que 55.000, poussés à l’exil par les interdictions de toutes sortes. Ils n’ont pas le droit de construire des maisons, des écoles, des hôpitaux ; pas le droit de construire des bassins pour récupérer l’eau de pluie ni d’entretenir les puits... »

Peut-il nous en dire un peu plus sur les Bédouins du Néguev ? « Ces gens vivent depuis plusieurs siècles dans le désert Al Naqab, où ils se sont peu à peu sédentarisés. Après la proclamation de l’Etat d’Israël, Al naqab est devenu le Néguev... et les Bédouins se sont réveillés israéliens. Ils ont subi un harcèlement systématique de la part des autorités israéliennes qui convoitent leurs terres : démolition de maisons, confiscations illégales de leurs terres, arrestations arbitraires, déplacements forcés sous divers prétextes administratifs. Les Bédouins ont ensuite été regroupés dans sept “Rekuzim”, qui ne sont rien d’autre que des bidonvilles, des amas de cubes en béton dans des zones stériles. Ceux qui ont refusé le regroupement se retrouvent dans des villages non reconnus : 45 villages bédouins qu’on a simplement "oublié" d’inscrire sur les listes et qui ne figurent sur aucune carte. Aux yeux du gouvernement israélien, ils sont donc forcément illégaux. Outre qu’ils sont laissés à l’abandon par les services publics (pas d’électricité, pas d’eau, pas d’école ni de service de santé, pas d’adresse à laquelle envoyer le courrier), ils sont régulièrement détruits. » [11]

« Nous, les activistes, nous nous battons pour les droits du peuple palestinien, et plus spécialement pour que soit mis un terme à cette occupation qui a commencé en 1967. Nous nous battons aussi pour le droit au retour des réfugiés et des personnes qu’on appelle les "déplacés intérieurs", qu’ils puissent rentrer dans leur villages. En effet, ce droit n’a jamais été reconnu par Israël, alors que le gouvernement israélien garantit à tous les juifs du monde le droit de revenir sur leur "Terre promise". La façon de le faire, ou même la question de savoir si c’est faisable est un autre débat. Enfin, nous nous battons aussi pour les droits des Palestiniens qui ne sont jamais partis mais sont restés sur leurs terres et se retrouvent maintenant "en Israël". Ils représentent 20% de la population israélienne mais sont considérés comme des citoyens de second ordre et sont victimes d’un nombre croissant de lois explicitement racistes, ou de lois qui par leur mise en pratique le sont [12]. Ces 20% de la population sont vraiment considérés comme l’ennemi à abattre, la 5ème colonne, le diable démographique. Le Service Général de Sécurité est clair à leur sujet : devant la Cour, il a déclaré que son rôle consistait à maintenir le caractère juif de l’Etat… Ce qui va tout à fait à l’encontre de la définition de l’Etat démocratique qu’Israël prétend être. »

Tout à coup, une femme s’approche de notre table. Elle dépose devant Ronnie une feuille de papier pliée en deux. Ronnie l’ouvre et découvre, en anglais, un conseil de lecture censée remettre les idées de notre ami israélien en place. Auteur anonyme. Nous regardons autour de nous. La jeune femme a disparu. Les gens boivent, fument et parlent, décontractés. Mais il faut croire que les murs ont des oreilles... Ronnie a une voix claire, qui porte. Son discours a dû probablement agacer cette jeune femme "courageuse". Il hausse les épaules, met le billet en poche. « Tout le monde a le droit de s’exprimer... » On lui demande ce qu’il aurait à nous dire sur la démocratie en Israël. Il sourit à nouveau : « Israël se décrit comme Etat juif ET démocratique. S’il est démocratique, ce n’est que pour les Juifs. Et s’il est juif, c’est forcément qu’il n’est pas pour les Arabes, les chrétiens ni les musulmans. Moi, ce que je voudrais, c’est empêcher qu’Israël soit de façon inhérente un Etat raciste. Je voudrais aider à ce qu’Israël devienne une vraie démocratie. Mais j’ai peu d’espoir pour l’avenir, sauf à compter sur l’aide des citoyens internationaux. » [13]

Ronnie à propos du boycott
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Et finalement, son T-shirt ? « Je fais partie des "Anarchistes contre le Mur". C’est une organisation qui mène une lutte non-violente pour les droits des Palestiniens. Je fais aussi partie de la section israélienne de BDS, un mouvement qui exige aussi que les droits humains soient respectés pour tous. J’aide également des jeunes Israéliens à réfléchir sur leur choix d’accepter ou non de faire leur service militaire. Moi, j’ai réussi à éviter d’aller en prison. » Comment ? Comment, d’ailleurs, a-t-il pu ne pas faire son service militaire ? Tous les Israéliens n’y sont-ils pas obligés ? Ronnie sourit et répond laconiquement : « Je suis un Juif privilégié, ashkénaze, appartenant à la classe dominante. »

Il continue : « J’ai participé à diverses manifestations. En 2002, j’ai été manifester contre le mur qui étouffe le village de Budrus (un très beau film a été fait sur ce qui s’y passe). C’est là qu’a pris naissance la lutte conjointe contre le mur : Israéliens, Palestiniens et Internationaux, tous unis contre le mur. » [14]

« Les sionistes essaient d’imposer leurs valeurs aux gens d’Israël. Ilan Pappe (l’un des "nouveaux historiens" israéliens) disait d’eux qu’ils étaient "des racistes pleins de bonnes intentions". Nous, les Anarchistes contre le Mur, quand nous allons en Palestine occupée nous disons au contraire que nous sommes venus par solidarité, que nous ne valons pas plus qu’eux mais qu’ils sont nos égaux. Vous avez entendu parler du village de Bil’in ? Je peux vous dire que c’est comme un second "chez moi"... Mais ce qui est important, c’est de se rappeler que ce combat est avant tout le combat des Palestiniens. »

« Je fais aussi partie d’un autre groupe, appelé “New Profile”. C’est un mouvement féministe qui travaille à éduquer et à civiliser la société, qui défend les droits de la société civile, essaie de faire en sorte que notre société militarisée redevienne une société civile. Mais les Israéliens sont tellement apathiques... Soit ils ne savent pas ce qui se passe réellement, soit ils préfèrent ne pas le savoir… »

Nous écouterions Ronnie pendant des heures et avons encore mille questions à lui poser. L’occasion est trop belle : lors du voyage de 2009, la frustration était tellement grande de ne pas avoir pu rencontrer des Israéliens "différents", des gens qui, comme nous, soient rebutés par la situation au point de le dire et d’agir, loin des petits singes aveugles, sourds et muets… Mais, hélas, le temps a filé en sa compagnie ; nous devons le laisser pour rejoindre ceux qui sont restés à l’auberge, pour les adieux. En effet, c’est maintenant que le groupe se sépare : les jeunes rentrent en Belgique tandis que les adultes continuent le voyage vers la Jordanie. Nous remercions Ronnie du fond du cœur, lui disons que nous parlerons de lui à nos amis de Jérusalem et du camp d’Al-Arroub, qu’ils sachent qu’ils ne sont pas abandonnés de tous les Israéliens. Il sourit (Ronnie, c’est un sourire ambulant !) et nous donne quelques adresses de sites où trouver encore de quoi nous informer sur les luttes pour plus de justice [15]. Nous lui disons tout le bien que ça nous a fait de le rencontrer et d‘avoir pu entendre "en vrai" que des gens travaillent de l’intérieur à ce que les choses changent. Si la situation est encore loin d’être vivable pour les Palestiniens, il semble que le temps du "vous le méritiez bien, bande de terroristes" soit bel et bien passé. De plus en plus de gens prennent conscience qu’il y a "quelque chose de pourri dans le royaume d’Israël", s’en indignent et sont en marche pour plus de justice dans ce pays. [16]

Lire aussi une récente interview de Ronnie intitulée "I can’t dictate methods of Palestinian struggle"

***

Course jusqu’à l’auberge. Tout le monde charge son sac sur son dos et Yallah ! Anne-Claire, Tanguy et JF accompagnent les jeunes jusqu’à la gare de Tel Aviv (sauf Caroline qui va rester une semaine dans sa famille, au nord d’Israël, et Natalia qui est retournée en Belgique deux jours plus tôt). De là, un train les mènera directement à l’aéroport.

Une fois arrivé·e·s l’aéroport, Margot et Marie-Gaëlle prennent les rênes du groupe et, au contrôle de sécurité, parlent au nom des autres, comme si elles étaient les seules à connaître l’anglais - une bonne façon d’éviter que Laurie, Sébastien et Paul ne donnent, par distraction, des informations divergentes. Elles présentent tout le monde comme un groupe d’étudiants qui ont fait la fête pendant deux semaines à Jérusalem et ont brièvement visité Bethléem. Margot dira plus tard combien ça l’a dégoûtée de devoir dire ça aux Israéliens. Parce que si elle a participé à ce voyage plutôt qu’au voyage de fin d’étude officiel de l’école, c’était aussi pour faire autre chose que la fête justement... Mais, tant pis, s’il faut jouer le jeu pour ne pas avoir d’ennui, jouons-le.

Petit stress pour Sébastien qui ramène des canettes de coca israéliennes et palestiniennes pour son collectionneur de père : ça sonne et il se fait questionner par une inspectrice qui n’a pas l’air rassurée. Margot, par contre, passe sans que personne ne demande à fouiller son sac et sans que le portail ne la bipe : la différence entre les cheveux roux ou les cheveux noirs… ? L’apartheid est partout, dira-t-elle, tout le temps.

L’avion décolle et emporte des jeunes que le voyage a transformés, certains plus que d’autres. Marie-Gaëlle a décidé qu’elle participerait à l’un des camps d’été que Daoud organise pour les enfants de Jérusalem-Est. Et puis, une fois ses études supérieures terminées, elle reviendra tourner des films-documentaires sur la Palestine et ses habitants.

Margot se rend compte de l’énorme travail qu’il y a à faire pour informer les gens correctement (c’est évident pour elle maintenant que les journaux occidentaux ne sont pas des sources fiables). Elle en revient avec l’envie de dire aux copains à quel point c’est important qu’ils ouvrent leur yeux et leurs coeurs. L’année prochaine, elle veut étudier l’histoire à l’université et la mettre au service d’un combat pour plus de justice pour tout le monde dans le présent.

Caroline va étudier la médecine et, en parallèle, témoigner autant qu’elle le pourra pour que les gens autour d’elle se bougent.

Sébastien ne dit pas grand chose, mais il semble avoir pris la mesure de l’injustice du sort qui est réservé aux Palestiniens. Laurie, elle, aura peu à peu abandonné l’armure de m et éfiance avec laquelle elle s’était jointe au projet. Le fait de ne pas connaître l’anglais a joué en sa défaveur puisqu’elle devait passer par les traductions d’Anne-Claire et Tanguy et ne pouvait s’empêcher de les recevoir comme des tentatives de lavage de cerveau. Par bonheur, il semble que vivre avec les jeunes d’Al-Arroub l’ait finalement aidée à ouvrir les yeux et à se rendre compte que le discours qui fait des Palestiniens un danger pour Israël est plus que mensonger. Ce qu’elle fera de tout cela, personne ne peut le dire. Pareil pour Natalia et Sébastien.

Quant à Paul... Espérons qu’il mettra dorénavant un peu plus d’humanité dans son respect des préceptes religieux catholiques. Le fait est que, à peine rentré en Belgique, il nous a dit que "ce qui aurait rendu ce voyage plus crédible aurait été d’aller voir de l’autre côté". Nous en sommes restés muets : toujours cette fameuse équidistance que les "gens comme il faut" veulent à tout prix garder, attitude impossible disent tous ceux qui ont été en Cisjordanie (et a fortiori à Gaza). Impossible en effet de ne pas voir qui occupe et qui est occupé, qui enferme et qui est enfermé, qui subit des contrôles humiliants et qui contrôle et humilie, qui est privé de droits et qui prive de droits... Aller voir de l’autre côté ? C’est-à-dire ? Les colons ? Pour quoi faire ? Nous savons ce qu’ils pensent de la situation (rappelons-nous Hébron !). Qui d’autres ? Les Israéliens qui vivent à Jérusalem, Tel Aviv, ou Haifa (et plus tard, à Eilat comme le constaterons Anne-Claire, Tanguy et JF) ? Nous avons pu nous rendre compte que la majorité d’entre eux vivent sans penser une seconde à leurs “voisins palestiniens”. Avons-nous en effet fait en sorte d’éviter de rencontrer ’l’autre côté" ? Que fait-il des Israéliens que nous avons rencontrés entre quatre-z-yeux ? Pourquoi n’avait-il aucune question à poser à Mary au AIC de Jérusalem ? Pourquoi n’a-t-il pas essayé de discuter avec un des jeunes militaires lors de la visite du musée de la Haganah à Tel Aviv ? Quel dommage aussi qu’il n’ait pas souhaité se joindre à ceux qui ont été interroger Ronnie le dernier jour à Tel Aviv ! Pourquoi n’est-il pas allé visiter le mémorial Yad Vashem ? Il en a eu la possibilité. Rencontrer des Israéliens ? Pourquoi a-t-il décliné l’invitation à se joindre aux groupe Taayoush 2009 et 2011 pour rencontrer des vétérans de l’armée israélienne de l’organisation israélienne "Breaking the Silence" venus présenter leur travail aux Halles de Schaerbeek à Bruxelles, ce mois de décembre 2011 ? Tant pis. Ne dit-on pas qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ? [17]

Cela nous désole. Si même le fait d’aller sur place ne nous aide pas à ouvrir les yeux et notre cœur, que peut-on encore faire ?

Voir les photos de Tel Aviv et Jaffa

Lire la suite du voyage d’Anne-Claire, Tanguy et JF

Une fois que les jeunes ont passé le contrôle à la gare, Anne-Claire et ses deux gardes du corps prennent la direction de la gare routière pour retourner à Jérusalem. Là, ils assistent médusés à une scène ahurissante : les cars sont littéralement pris d’assaut. Des jeunes Israéliens de 12-13 ans n’hésitent pas à bousculer les aînés. Certains évitent de peu d’être écrasés. Quelle brutalité ! Nous échangeons quelques regards médusés avec des adultes présents, d’autres semblant trouver cela normal. Et dire qu’on est dans un pays qui se veut civilisé... Nous nous mettons à l’écart et laissons les fauves s’entasser dans un premier bus, puis dans un second. Un bon quart d’heure plus tard, nous trouvons le moyen de monter à bord d’un troisième. La nuit est tombée lorsque nous arrivons à Jérusalem. Nous sommes soulagés de retrouver ses vieux murs et notre auberge pour une dernière nuit dans la vieille ville. Notre objectif pour le lendemain est d’abord d’aller jusqu’à Naplouse où nous espérons revoir Layali, une jeune universitaire rencontrée deux ans auparavant. Ensuite, gagner la la Jordanie, pour la suite de nos pérégrinations...


[1Pour rappel, le service est obligatoire pour tous les jeunes Israéliens juifs. Les objecteurs de conscience finissent en prison. Seules les femmes ont le droit de faire un service civil.

[2Fondée en 1909, Hashomer est une organisation de garde et de défense des implantations juives en Palestine, présente dans un premier temps en Galilée, puis en Cisjordanie ("Judée et Samarie"). Elle participe à la création de nouvelles implantations et finit par étendre son système de défense a l’ensemble du territoire.

[3Aliya est un mot hébreu signifiant "ascension" ou "élévation spirituelle" et qui désigne l’acte d’immigration en Eretz Israël par un Juif. La Deuxième Aliya commence après les pogroms de 1903 en Russie et dure jusqu’en 1914 (Première Guerre mondiale). De 30 000 à 40 000 immigrants, surtout sionistes socialistes et originaires de l’Empire russe. David Ben Gourion en a fait partie. Tel-Aviv (fondée en 1909) date de cette seconde Aliyah. Les partis politiques sionistes de gauche qui dirigeront l’État lors de sa création en 1948, sont également créés par ces immigrants.

[4Par ce livre blanc, publié le 17 mai 1939, l’Angleterre cherchait à apaiser le soulèvement de la population arabe de Palestine : la vente de nouvelles terres aux Juifs est désormais limitée pour que ne soit pas créée une importante population arabe sans terre. Surtout, l’immigration juive est limitée à 75 000 personnes sur une durée de 5 ans afin que la population juive ne dépasse pas le tiers de la population du pays. Dans le même document, un État palestinien unitaire (à majorité arabe) et indépendant est envisagé (assez vaguement) dans un délai de 10 ans. L’application du Livre blanc par le mandat britannique s’intensifiera à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, luttant particulièrement contre l’afflux massif des rescapés du nazisme et du judéocide. Ce livre blanc entraîne une vive réaction des institutions sionistes mondiales et provoque une première vague d’attentats anti-britanniques commis par l’Irgoun dès 1939. De 1944 à 1948, les organisations armées (Lehi, Irgoun et dans une moindre mesure Haganah) tueront plus de 300 britanniques, ainsi que plusieurs dizaines de Juifs et quelques milliers d’Arabes. Désemparé, Bevin, Ministre des Affaires Étrangères britannique décide en février 1947 de porter l’affaire devant l’ONU. La première loi votée par le tout jeune État d’Israël concernera l’abrogation du « Livre blanc ».

[5Unité de choc de la Haganah, groupe paramilitaire juif sioniste qui mena ses activités de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à l’indépendance de l’État d’Israël.

[6Lire l’article de +972 à ce sujet.

[7Par exemple Jonathan Pollak, condamné à 3 mois de prison pour avoir pris part à une manifestation à vélo à Tel Aviv.

[8Un exemple parmi d’autres : Amir Makhoul, directeur général du Syndicat des associations de la communauté arabe en Israël, ITTIJAH (basé à Haïfa), récemment condamné à 9 ans de prison, accusé d’“espionnage” pour le compte du Hamas.

[10C’est en effet ce que nous avons constaté à Jaffa pas plus tard que la veille.

[11Pour la seule année 2010, par exemple, entre début juillet et mi-octobre, le village d’Al-Arakib a été rasé 6 fois. Souces : AIC, "Bédouins oubliés du Naqab" de Joseph Algazy - le Monde Diplomatique, www.jnf.org.

[12Par exemple, les terres de l’Etat ne peuvent (et ne sont d’ailleurs jamais) vendues à des non-Juifs.

[13Rappelons qu’en 1975, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la resolution 3379 qui assimile le sionisme à une forme de racisme. Ce décret sera rayé en décembre 1991. Pourtant, en 2001, lors de la conférence contre le racisme, Israël est violemment condamné. Rien n’a changé sur place depuis.

[14Ayed Morrar, un citoyen de Budrus, a lancé un mouvement non-violent dans le but de sauver son village menacé par la construction du mur israélien. La victoire semblait bien improbable jusqu’au moment où sa propre fille de 15 ans, Iltezam, monte au front avec un groupe de femmes. Elles ont non seulement sauvé le village, mais fait reculer le tracé du mur jusque dans le no man’s land derrière la Ligne Verte. Ayed et Iltezam ont ainsi donné l’impulsion à un mouvement dans les territoires palestiniens occupés qui continue à s’étendre aujourd’hui. Le film "Budrus" tourné par Julia Bacha est un documentaire qui rend compte de la naissance de ce mouvement non-violent lancé par des Palestiniens. Il ne raconte pas seulement l’histoire de ce village. Ayed a en effet réussi à faire ce que beaucoup de gens pensaient irréalisable : rassembler les différentes factions politiques de la Palestine, y compris le Fatah et le Hamas, mettre les femmes au cœur de la lutte et encourager des centaines d’Israéliens à venir pour la première fois en territoire palestinien et à se joindre à ce mouvement non-violent. L’histoire de Budrus montre ce qui pourrait avoir lieu partout au Proche-Orient, à condition que les gens en entendent parler. Le film a eu plusieurs récompenses en 2010, lors de différents festivals (Berlin, San Francisco, Tribeca, Jérusalem, Madrid… et à Bruxelles au Festival des Libertés). Voir aussi l’intervention de Julia Bacha à TED Ramallah.

[15Voir par exemple les sites d’informations boycottisrael ou Popularstruggle.

[16Consulter à ce sujet l’excellent petit livre de Karine Lamarche, "En attendant la chute du mur - Agir et protester en Israël aujourd’hui" (Ginkgo Editeur), avec en couverture... Ronnie !

[17Evangile de Marc - chapitre 4 (extraits) :1 Une autre fois, il se mit à enseigner au bord de la mer. Une si grande foule s’assembla auprès de lui qu’il monta dans une barque, où il s’assit sur la mer, tandis que toute la foule était à terre, vers la mer. 2 Et il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et il leur disait dans son enseignement : 3 "Ecoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. 4 Or, pendant qu’il semait, du grain tomba le long du chemin, et les oiseaux vinrent et le mangèrent. 5 D’autre tomba sur un endroit pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre, et il leva aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; 6 mais, quand le soleil fut levé, il fut brûlé, et parce qu’il n’avait pas de racine, il se dessécha. 7 D’autre tomba parmi les épines, et les épines montèrent et l’étouffèrent, et il ne donna point de fruit. 8 Et d’autres tombèrent dans la bonne terre, montèrent et crûrent, donnèrent du fruit et rapportèrent l’un trente, un autre soixante, un autre cent. " 9 et il disait : " Qui a des oreilles pour entendre entende !"10 Lorsqu’il se trouva seul, ceux de son entourage, avec les Douze, l’interrogèrent sur les paraboles. 11 Il leur dit : (...) 14 Le semeur sème la parole. 15 Les uns sont ceux qui sont le long du chemin, où la parole est semée : ils ne l’ont pas plus tôt entendue que Satan vient et enlève la parole semée en eux. 16 D’autres sont, pareillement, ceux qui sont semés sur les endroits pierreux : en entendant la parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; 17 mais il n’y a pas en eux de racines et ils sont éphémères : dès que survient la tribulation ou la persécution à cause de la parole, ils trébuchent aussitôt. 18 D’autres sont ceux qui sont semés dans les épines : ce sont ceux qui ont entendu la parole ; 19 mais les sollicitudes du siècle, et la séduction des richesses, et les convoitises d’autre sorte s’introduisent et étouffent la parole, et elle devient stérile. 20 Et d’autres sont ceux qui ont été semés dans la bonne terre : ils entendent la parole et la reçoivent, et ils portent du fruit, trente, soixante, cent (pour un). 21 Et il leur disait : " Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ? (...) 23 Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! "(...)


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