Agrexco en faillite suite au boycott

lundi 7 novembre 2011
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Exemple des effets de la campagne BDS et des conséquences possibles de la pression que constitue le boycott des produits israéliens cultivés dans les territoires de la Cisjordanie occupée : extraits d’un mail de Jan Dreezen, Coordination Boycott Israël (COBI) envoyé le 18 octobre 2011.

Objet : Agrexco en faillite.

« Le plus grand exportateur israélien de produits agricoles est en faillite, entre autres suite aux actions de boycott. Le tribunal a ordonné la liquidation de Agrexco, le plus important exportateur israélien de produits agricoles, après qu’il a été en cessation de paiement. Agrexco achète, entre autres, les produits agricoles des exploitations des colonies illégales implantées dans les territoires de Palestine occupée et les vend aussi dans notre pays. Ce trafic entraîne l’oppression et l’exploitation de milliers de Palestiniens. Avec ce commerce, Agrexo transgresse le droit humanitaire. En Belgique, plus de 400 personnes ont déposé plainte contre Agrexco et ses partenaires pour recel et crimes de guerres, ainsi que pour complicité dans ces méfaits. La marque la plus connue de cette société est Carmel.

Cette entreprise, propriété à quelque 30% de l’Etat israélien, a enregistré une perte de 33 millions d’euros en 2010. Depuis plusieurs mois, elle ne pouvait plus faire face à ses engagements financiers. Une enquête indépendante, initiée à la demande d’actionnaires mécontents, fait apparaître clairement qu’Agrexco a trompé ses actionnaires, entre autres en ne mentionnant pas le boycott, et en manipulant les rapports financiers.

A la suite de la crise, des cultivateurs se sont détournés d’Agrexco et collaborent maintenant avec d’autres exportateurs tel que Mehadrin.

Shir Hever, l’économiste et activiste israélien bien connu, prétend qu’une partie du problème d’Agrexco est la conséquence du boycott mis en place depuis plusieurs années, principalement en Europe, lequel engendre une baisse du chiffre d’affaires, ainsi que du fait que beaucoup de producteurs se seraient détournés d’Agrexco pour s’associer avec d’autres exportateurs moins visés par les actions de boycott.

Après la faillite, un repreneur a été recherché, mais les choses prennent du temps parce que, dixit Shir Hever, les candidats réalisent que les produits pourraient être soumis au boycott. Ce 12 octobre 2011, le tribunal a décidé que la société israélienne Bickel pourrait reprendre les activités. On ne sait pas encore avec certitude sous quel nom ces exportations seront mises sur le marché, Carmel ou un nouveau nom. Les cultivateurs méfiants se sont détournés d’Agrexco pour rejoindre d’autres exportateurs tel que Mehadrin, mais cela ne constituera qu’un soulagement temporaire : ces sociétés seront également visées par le boycott mondial. Les sociétés telles qu’Agrexco et ses partenaires tirent profit de crimes de guerre et leurs activités maintiennent l’état de guerre.

Agrexco n’a pas été boycotté rien qu’en Belgique, mais a été l’objet de boycott, blocages, manifestations et actions directes dans toute l’Europe. En France, une large coalition de dizaines d’organisations a intenté un procès contre la société et s’est opposé, bec et ongles, à l’implantation d’un terminal Agrexco à Sète. En Belgique, Angleterre, France, Italie, Pays-Bas, Espagne, ... des actions directes ont été menées dans les supermarchés qui ont été mis sous pression afin qu’ils retirent des rayons les produits illégalement importés. En juillet 2011, des organisations de 13 pays européens se sont rassemblées pour former une coalition pour stopper les activités illégales d’Agrexco.

Merci à tous ceux qui ont participé à des actions devant les supermarchés contre les produits d’Agrexco. »